Méthode · connecteurs
Ce qu'un connecteur est, ce que les nôtres imposent que les autres n'imposent pas, comment ils tiennent quand les fonds publics tombent, et ce qu'ils ne peuvent pas lire.
Ce qu'est un connecteur
MCP est un protocole ouvert : un programme, le serveur, décrit des outils (« donne-moi l'article X du code Y à telle date ») et l'assistant apprend à les appeler quand la conversation l'exige. Le serveur tourne sur votre machine. Rien ne transite par nous : l'assistant parle au serveur, le serveur parle à Légifrance, à Judilibre, à EUR-Lex, avec vos identifiants.
Ce qui change pour l'avocat, c'est la nature de la réponse. Sans connecteur, l'assistant peut répondre sans ouvrir la source, sans date, en comblant les trous. Avec, il va lire, et il cite ce qu'il a lu. Les références inventées relevées par les tribunaux depuis décembre 2025 sont des réponses de mémoire.
L'architecture
Le connecteur principal lit Légifrance et Judilibre à travers l'interface de l'État, PISTE, avec les identifiants gratuits que chacun peut demander. Les fonds européens sont lus en ligne. Les conventions internationales, la doctrine fiscale et le portail e-Justice sont aspirés localement : la base est sur votre machine, ce qui les rend rapides et disponibles hors ligne.
Le noyau commun est ce qui fait que les sept se comportent de la même façon : même règle de date, même façon de nommer un texte, même cache, mêmes reprises sur erreur. C'est lui que la vérification des citations et la contradiction utilisent.
La date butoir
Chaque outil accepte une date. Quand elle est donnée, deux choses se passent : les textes sont lus dans leur version en vigueur ce jour-là, et la recherche ne renvoie rien de postérieur, ni décision, ni version, ni commentaire. Le chaînage « cassé depuis » est une étape distincte, qui regarde exprès après la date et le signale comme tel. L'article 1134 du code civil de 2015 existe ; celui de 2024 n'existe plus ; l'assistant reçoit celui qui s'appliquait aux faits.
La règle est née du banc : mesurer un outil sur une affaire de 2021 en lui laissant lire ce que la Cour a jugé en 2023, c'est tricher. Elle sert ensuite l'avocat pour la même raison : le droit applicable se lit à la date de référence, et un assistant sans date mélange les versions.
Un article abrogé n'est pas « introuvable » : le connecteur remonte le temps par paliers jusqu'à sa dernière version et dit « abrogé depuis le », avec le texte qui a pris la suite.
Les clés canoniques
Les écrits nomment un texte de dix façons : par son numéro, par sa date, par son titre, avec ou sans « n° », avec une coquille. Le noyau ramène chaque désignation à une clé unique : la loi du 5 juillet 1985 et la loi n° 85-677 sont le même objet, le « code de proceedure civile » est le code de procédure civile, « L1226-9 » est L. 1226-9. Une table numéro–date, apprise du corpus, fait le lien dans les deux sens.
Sans cela, un assistant lit deux fois le même texte, ou ne le trouve pas. Avec, le cache sert, les lectures se dédoublonnent, et le rapport de vérification peut dire « c'est le numéro qui n'existe pas, le code est bien identifié ».
Quand les fonds tombent
L'interface PISTE refuse des connexions quand on la sollicite trop vite, et rend parfois une erreur sur une version datée qu'elle sait pourtant servir. Les connecteurs réessaient avec un délai, relisent sans date quand la version datée échoue, et ne mettent jamais une erreur en cache : une panne du matin ne devient pas un « introuvable » de l'après-midi. Quand la recherche tombe, le plan du code prend le relais pour dire si un article existe.
Un cache sur disque garde chaque lecture réussie ; une sonde vérifie chaque matin que les dix-huit fonds répondent. Les tests tournent hors réseau, sur des réponses enregistrées, pour qu'une modification ne casse pas ce qui marchait.
Les outils
| Outil | Il prend | Il rend |
|---|---|---|
| article_code | un code, un numéro, une date | l'article dans sa version à la date ; sinon « abrogé depuis le », le texte suivant, ou « inexistant » |
| article_loi | une loi, un décret, une ordonnance, un arrêté (numéro ou titre), un numéro d'article, une date | l'article à la date, ou « non consolidé » avec la date lue |
| plan_code | un code, une subdivision | le plan, pour situer un article ou vérifier qu'un numéro existe |
| article_convention_collective | le titre d'une convention, un numéro d'article, une date | l'article, ou l'ambiguïté si deux conventions répondent |
| article_ue · article_cedh · article_ddhc | un acte de l'Union et un numéro ; un article de la Convention ou d'un protocole ; un article de 1789 | le texte officiel |
| rechercher_par_les_faits | une situation en français, des points de droit | les décisions de tête avec leur motivation, les textes qu'elles visent, à la date |
| regles_constantes | des textes | ce que la Cour de cassation dit de chacun quand elle casse, dans ses mots, avec les arrêts |
| verifier_citations | un écrit, une date | le rapport de vérification complet |
| rechercher_jurisprudence_judilibre · citer · consulter_decision_judilibre | une recherche ; un identifiant de décision | des décisions filtrées par date ; la référence propre ; le texte page par page |
Ce qu'on a mesuré
L'étage documentaire a ses propres métriques, mesurées sur le banc des failles, où l'on connaît le texte visé par la Cour. Sur 277 textes visés, 71,5 % étaient au dossier constitué par les connecteurs ; 132 étaient cités par la décision d'appel elle-même et lus, 28 nommés par le modèle et lus, 15 trouvés par la recherche par les faits. Les 83 restants n'étaient nulle part : ni dans la décision, ni dans les décisions voisines, et souvent des articles généraux de procédure.
La leçon qui compte : quand le texte est au dossier, la faille est trouvée parmi les trois premières 79 fois sur 100 ; sinon 40. Lire les sources n'est pas un raffinement, c'est ce qui double la réussite. Et le plafond est celui de la donnée publique : un « oracle » à qui l'on donnait cinquante décisions consultées pour leur visa ne ramenait toujours pas 91 des 114 textes manquants. Ce que la décision ne contient pas, aucune recherche ne le devine.
Pourquoi c'est mieux
Par rapport à l'assistant seul : il lit au lieu de se souvenir, à la date au lieu de hors du temps, et il cite ce qu'il a ouvert. Le connecteur apporte aussi ce que la mémoire n'a jamais eu : les conventions collectives article par article, la doctrine fiscale datée, les 41 conventions de La Haye et leurs États parties, les arrêts d'appel depuis 2022.
Par rapport à une base d'éditeur : celle-ci n'est pas branchable sur votre assistant, et elle répond à une recherche, pas à un programme. Les connecteurs sont faits pour être appelés cent fois par une vérification sans qu'un humain clique, et pour rendre une réponse structurée qu'un rapport peut citer.
Par rapport à d'autres connecteurs juridiques : nous ne prétendons pas être seuls. Ce que nous n'avons pas trouvé ailleurs, c'est la date butoir comme règle par défaut, la vérification de citations exposée comme un outil, la couverture du droit international privé et des conventions collectives, et un banc public qui mesure ce que le fond ramène.
Limites
Chaque connecteur est livré documenté et testé hors réseau. Ce qu'il lit, ce qu'il rend et ce qu'il ne lit pas est écrit, et votre informaticien peut le vérifier sur le poste.